Joachim Ndaruzenze, né à SHOMBO-KARUSI en 1979, étudiant à l'Université du Lac Tanganyika en 1ère Licence, Faculté de Droit.
Qu'est-ce qu'il y a à fêter ?
Il y a bien sûr à fêter. Malgré les moments durs qui ont secoué le Burundi, celui-ci reste notre patrie. Nous venons de traverser des moments difficiles, mais, Dieu merci, il recouvre de plus en plus la paix et la sécurité. Le développement intégral et inclusif commence à se faire sentir. Là où le Diable avait semé la division sur base ethnique ou régionale, la guerre et l'injustice sociale commencent à pousser et à s'imposer les germes de l'unité, de la paix retrouvée et de la justice pour tous. Il y a donc de quoi fêter.
Quelles réalisations positives pouvez-vous relever ?
Le peuple Burundais commence à intégrer tant bien que mal les valeurs de la démocratie longtemps bafouées depuis le lendemain de l'Indépendance L'Unité et la cohésion nationale retrouvées. Les forces de défense et de sécurité longtemps soupçonnées comme étant exclusives et réservées à certaines personnes et non à d'autres sont actuellement inclusives : les Hutus et les Tutsi confondus forment les mêmes corps qui méritent la confiance de la population.
Quels éléments négatifs pouvez-vous signaler ?
Le niveau de développement socio-économique laisse encore à désirer. En plus, certains politiciens n'ont pas encore intégré les valeurs de la démocratie. Une autre chose qui fait mal est qu'il y en a qui se servent la part du lion au gâteau national.
Est-ce qu'aujourd'hui le pays est indépendant ?
Pas réellement, il dépend en grande partie de l'aide étrangère pour couvrir ses besoins financiers. Notre économie garde toujours la main tendue vers l'extérieur.
Quel est le projet de société dont le Burundi pourrait être fier ?
Le projet de société qui prendrait en compte le développement durable et le partage équitable de la richesse nationale. Ce projet devrait garantir la paix et la sécurité aux générations à venir et s'atteler à relever le défi de la vérité et la réconciliation sans faux-fuyant.
Comment se dessine l'avenir du Burundi ?
L'avenir du Burundi est prometteur. L'engagement et la détermination de la quasi-totalité des Burundais à ne plus basculer dans les tragédies du passé et aller de l'avant peuvent fonder avec raison l'espoir d'un avenir meilleur du Burundi. Le leadership burundais a mis sur pied une politique qui change sans doute l'image du Burundi : d'ici peu, la quasi-totalité des enfants de ce pays seront instruits avec un accès facile aux soins de santé, des voies de communication praticables, de l'énergie électrique un peu partout, la libre circulation tant au niveau interne qu'au niveau externe, dans un environnement d'affaire nettement amélioré.
Que faut-il pour construire le Burundi où il faut bon vivre ?
Il faut qu'il y ait absolument un suivi rigoureux de tous les engagements que nous avons relevés ci-haut. De bons projets pour construire le Burundi où il fait bon vivre, ne manquent pas. Seulement, il faut que les fruits tiennent la promesse des fleurs. Du reste, les leaders voudraient bien faire preuve de maturité en politique et cesser de courir derrière les intérêts égoïstes. Ainsi, les politiciens qui ont fui le pays voudraient bien regagner le bercail pour bâtir ensemble cette chère patrie qui nous suffit à nous tous. On devrait voir plus loin et veiller à ce que les élections de 2015 ne soient pas encore objet de discorde mais plutôt une preuve de maturité politique.
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