Les tambourinaires réinventent leur métier
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A Gishora, une colline située à 15 km de Gitega, les tambourinaires réinventent leur métier. Leur histoire remonte à l’époque de la monarchie. L’aïeul de leur famille aurait sauvé le Roi Mwezi Gisabo qui était alors poursuivi par Kilima, un envahisseur esclavagiste. Pour remerciersa famille de l’avoir caché, le Roi leur a attribué la fonction de ‘Tambourinaires du Roi’. Après l’abolition de la monarchie, ils sont devenus cultivateurs comme tant d’autres. La terre de Gishora est rocailleuse et n’est pas très fertile. La production y est donc faible pour assurer l’alimentation du clan. Leurs sages ont décidé de travailler leur art pour gagner de l’argent et susciter l’émergence des plus jeunes. Aujourd’hui, les nombreux descendants ont créé la troupe des tambourinaires de Gishora. Pour des visiteurs capables de payer, ils organisent des exhibitions sur leur colline.
Seuls, les garçons battent le tambour. Ils s’amusent en amusant la galerie. Selon le patriarche, le tambour symbolise la femme. Les tiges qui retiennent la peau tendue s’appellent les ‘seins’. Et le creux qui sonne s’appelle ‘sein maternel’. C’est pour cela que les filles ne sont pas autorisées à jouer.
Au lieu dit Gishora ku ndaro, ils vendent aussi des objets d’art spécifiques. Ils y organisent aussi des visites touristiques. Le récipiendaire de la tradition raconte des faits historiques du pays. Il fait visiter le sanctuaire des tambours, la case royale et ses annexes en racontant des anecdotes croustillantes de leur famille.
Le revenu de la troupe est d’une part utilisé comme épargne en vue de construire des habitations durables. D’autre part, il est partagé aux membres de la troupe. Ainsi, ils peuvent notamment scolariser les enfants y compris les filles.
