Une agriculture familiale écologique et durable
A Nyabututsi, à 4 km de Gitega, durant les années ‘80, des spéculateurs ont poussé les natifs de la colline de vendre leurs terres de culture. La plupart ont même vendu leurs lopins des marais sur lesquels ils cultivaient des haricots, du maïs, des légumes, des tubercules, … Ainsi, ils pouvaient passer la période de soudure entre les saisons. Du jour au lendemain, des familles entières se sont retrouvées sans terre.
Aujourd’hui, Nyabututsi est devenu un quartier de la ville de Gitega. Des constructions durables y ont poussé comme des champignons. Les habitants de cette colline ne vivent plus seulement d’agriculture. L’activité commerciale a pris le dessus au lieu dit ‘kuri Plage’. Il y a un foisonnement de kiosques, de boutiques de communication, de débits de boissons et de petits restaurants. Un mini marché s’y tient tous les jours. Sur la route, des femmes y revendent des fruits et des légumes.
Des conflits fonciers y sont très fréquents. Ceux qui sont partis veulent revenir pour récupérer leurs anciennes terres. Ce qui n’est plus possible. Cela provoque des palabres interminables. Des hommes et des femmes intègres appelés ‘Bashingantahe’ font des médiations continuelles. Ils ne reçoivent aucun salaire de l’état. Après leurs séances de médiation, les personnes en litiges les remercient en les invitant à une rencontre conviviale. C’est une occasion de resserrer les liens de bon voisinage.La visite de la colline Nkima en commune de Taba à 40 km de Gitega m’a fait découvrir des terres très fertiles. Les engrais chimiques mal dosés ne sont pas d’usage courant dans cette région. Les habitants y pratiquent une agriculture familiale avec des méthodes traditionnelles. De prime abord, les enfants ne sont pas malades. Ils semblent manger à leur faim. Ils sont souriants, mais les signes de pauvreté sont apparents.
Là-bas aussi, les terres de culture sont devenues trop petites. Des familles se déchirent pour occuper des morceaux de terres d’autrui. Ils y construisent même des maisons pour marquer l’installation complète. Les conflits fonciers y sont très virulents. Les Bashingantahe usent de beaucoup de diplomatie dans l’intérêt du bon voisinage.