Katanga: Construire la paix pour une transformation communautaire

140701 Fabien Mbayo Kumwimba

Fabien Mbayo Kumwimba, Président
du Comité 
Africain des Educateurs
aux Droits Humains (CAEDH), 
ancien boursier de la FONCABA

En donnant la possibilité aux cadres africains des organisations de la société civile d’améliorer leurs compétences, la FONCABA contribue à construire une société démocratique où les citoyens sont invités à participer à la gestion du pays à tous les niveaux, où les droits humains sont respectés, où la société civile œuvre pour la bonne gouvernance. Dans La FONCABA appuie les projets de formation de ses partenaires qui contribuent à l’instauration d’un Etat de droit.

En défendant ses droits et en construisant la paix pour un développement durable, la population contribuera à la transformation communautaire.

Une province en proie d’instabilité

140701 La jeunesse a besoin dun bon modle

La jeunesse a besoin d’un bon modèle
de 
leadership qui leur inspire confiance
et les aide à construire la paix et leur
avenir 
dès le jeune âge 

Le Katanga est la principale province pourvoyeuse des finances à l’Etat congolais. C’est pourquoi, l’instabilité de cette province compromet le programme gouvernemental du pays. Aujourd’hui, elle est sous pression de façon permanente.

D’une part, certaines milices sèment la mort, la violence et la désolation. Elles sont de collusion avec certains leaders politiques et font appel à des groupes armés ou à des groupes de jeunes affiliés à des partis politiques qu’ils manipulent. D’autre part, il y a des expulsions massives de Congolais vivant en Angola. Sans structures d’accueil et de réinsertion socioéconomique, ces Congolais se retrouvent laissés à eux-mêmes. Certains d’entre eux trouvent un travail précaire dans les exploitations minières artisanales et dans le petit commerce qui prolifère dans les centres urbains notamment à Lubumbashi.


Le Katanga s’attend aussi à ce qu’une partie des Congolais expulsés de Brazzaville, dans des conditions inhumaines, échoue à

Lubumbashi. Encore une fois, le gouvernement de Kinshasa semble pris de court . La société civile est divisée: certaines organisations réclament la réciprocité tandis que d’autres mettent l’autorité en garde contre l’escalade.

Enfin, le 30 décembre 2013, les ripostes disproportionnées des forces de sécurité contre les adeptes du Pasteur Joseph Mukungubila

140701 La jeunesse a besoin dun bon modle

La jeunesse a besoin d’un bon modèle
de 
leadership qui leur inspire confiance
et 
les aide à construire la paix et leur
avenir dès le jeune âge

Mutombo lors de la tentative de coup d’état, se sont soldées par des massacres de centaines de ses adeptes à Lubumbashi.

Rendre la démobilisation et réinsertion plus efficaces

A l’issue des élections de 2006, certains groupes ont intégré le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) et d’autres avaient été obligés de capituler. Mais force est de constater qu’il n’a pas mis fin à l’existence des groupes armés. Certains, notamment le groupe le plus important, le "Maï-Maï Kata Katanga", restent opérationnels et ce malgré la reddition des centaines de leurs combattants. Le gouvernement doit œuvrer pour que cette situation qui condamne les populations à fuir l’insécurité, notamment celles du centre et du nord de Katanga, cesse afin de permettre à ces victimes innocentes de recouvrer la paix et de vaquer aux occupations socioéconomiques.


Mettre fin à l’insécurité et aux violences

Depuis que le Président de l’Assemblée provinciale a effectué une tournée dans les territoires du Nord-Katanga d’où ces Maï-Maï semblent être originaires, la situation est redevenue calme à

140701 Les ressources du pays

Les ressources du pays doivent servir
à 
améliorer les conditions de vie des 
ménages et être profitables 
équitablement à toute la population

Lubumbashi et l’étau imposé par les groupes armés au tour de la ville s’est desserré. Il en découle que les autorités peuvent et doivent faire encore plus et redoubler d’efforts pour amener les groupes armés à adhérer au programme DDR, sans oublier de trouver les moyens appropriés.

Le gouvernement de Kinshasa doit aussi œuvrer pour que le Katanga et sa population trouvent leur quote-part dans les ressources minières de la province afin d’améliorer leur situation socioéconomique. Cela passe par l’éradication de la corruption, la redynamisation de l’économie. Celle-ci est touchée par la faillite de certaines entreprises de l’Etat qui sont le moteur de l’économie provinciale et nationale. Il s’agit notamment de la Gécamines, la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), la Sodimico, Congo Etain, Kisenge manganèse, etc.


Beaucoup d’observateurs trouvent que le gouvernement ne maîtrise pas le secteur minier en plein boom. Cela ne profite pas au trésor public. Les retombées de l’exploitation minière ne bénéficient pas à la population. On constate aussi que les communes qui sont particulièrement touchées par cette misère, notamment au centre et

La FONCABA compte appuyer ce projet 
d’éducation des élèves de l’enseignement 
secondaire à la citoyenneté et à la paix à
Lubumbashi. Le projet sera réalisé par le 
partenaire CAEDH (Comité Africain des 
Educateurs aux Droits Humains). Par des 
formations et des activités culturelles et 
expressives, les jeunes apprendront à 
adopter dès leur jeune âge, une attitude 
citoyenne et à développer une culture 
respectueuse des droits de la personne 
humaine. Ainsi, ils grandiront avec le sens 
de responsabilité envers leur communauté
et leur pays. 

au Nord de la province, constituent la zone dite "le triangle de la mort"  où les groupes armés sont particulièrement actifs. Ce foyer de tension souffre aussi de la faillite du chemin de fer, seule voie d’évacuation de ses produits agricoles vers les centres de consommation. Et le taux de chômage élevé des jeunes laisse cette catégorie de la population à la merci de toutes les manipulations politiciennes.

Construire la paix

Pour asseoir une paix durable, nous devons mettre sur pied des programmes de paix. Le Comité Africain des Educateurs aux Droits Humains (CAEDH) veut sensibiliser et mobiliser les jeunes à contribuer à leur niveau à la construction d’une paix durable, basée sur la justice et le dialogue. Nous avons demandé à la FONCABA d’appuyer ce projet de la paix. Nous savons que la FONCABA est convaincue que pour éduquer la population à la paix de façon durable, il faut commencer en amont par l’éducation des jeunes les préparant ainsi à devenir les leaders de demain, capables de prendre leurs responsabilités.

Fabien Mbayo Kumwimba,
Lubumbashi, RD Congo