RD Congo: Projet de biscuits par les femmes à Kananga
13 Mars 2015. Du 22 janvier au 10 février 2015, Marie-Bernadette Zubatse, directrice de la FONCABA, est allée en mission à Kananga au Congo. Elle est passée par Kinshasa où elle a rencontré le RODHECIC, son partenaire stratégique en droits humains et éducation civique, un des moteurs de la société civile, ainsi que d’autres partenaires. Ensuite, elle a pris l’avion pour Kananga, au centre du pays, afin de lancer officiellement un projet du mouvement des femmes Bamamu Tabulukayi:
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"Apprentissage des femmes à fabriquer des biscuits artisanaux à base de maïs et de niébé". Elle a travaillé avec des femmes fortes et engagées qui prennent leurs responsabilités dans leurs familles et dans leurs communautés villageoises et de quartiers. Elles s’impliquent efficacement à la dynamique de la transformation sociétale durable. Des signes d’espoir pour l’avenir du Congo.
Kananga, une ville enclavée au Centre du Congo

La liaison Kinshasa vers Kananga se fait avec le seul vol de la Compagnie Africaine d'Aviation (CAA). Imaginez donc ce qui se passe lorsqu’il y a un pépin quelconque! C’est devenu ‘air peut être’. Les Congolais le prennent avec philosophie.
A l’aller comme au retour, l’avion avait plus de huit heures de retard. Le manque de communications sur les raisons du retard est regrettable. Certaines personnes attrapent des crises et perturbent celles qui essayent de deviner les raisons du retard. Finalement, une fois au lieu de destination, on apprend les raisons vraies ou fausses, impossible à vérifier.
Ce n’est pas facile

Certes le métier du développement est plein d’embuches. Mais, les missions de terrain sont aussi des périodes d’apprentissage et de ressourcements.
Combien de fois n’ai-je pas entendu qu’il y a tant de problèmes et que la situation ne change guère. N’est-ce pas aussi vrai que ce qui n’est pas facile doit nous pousser à dépasser nos limites!
De fait ce n’est pas facile. Et c’est clairement visible, dans les villages et les quartiers de pauvres gens.
Cette situation amène les enfants à mettre aussi la main à la pâte pour la survie. Certains d’entre eux se débrouillent en faisant la petite vente ambulante...
Ainsi, Linda (photo à gauche) vend des chenilles pour payer ses frais scolaires. Et Trésor (photo à droite), âgé de 15 ans (mais qui en paraît huit), fabrique des balais à base des feuilles de palmiers pour pouvoir payer son minerval. Il explique qu’il loge chez une tante pauvre, qui a des difficultés de le nourrir avec son frère et payer les frais scolaires. Il dit qu’il ne faudrait pas s’étonner de sa ‘taille’ car il étudie en 3ème année du secondaire à l’Athénée de Kananga et non pas en troisième année primaire. Ses parents, partis chercher du diamant et de l’or à Tshikapa l’ont envoyés avec son grand frère, vivre chez une tante qui habite dans la commune de Nganza (à dix kilomètres de Kananga). Pour pouvoir payer son uniforme et ses frais scolaires, son frère lui a appris à fabriquer des balais. C’est ce ‘petit business’, dit-il, qui lui permet de gagner un peu d’argent. Lorsqu’il a un surplus, il aide sa tante en payant des condiments pour la sauce. C’est cela aussi la ‘SOLIDARITE’. Il dit que ceux qui "me voient avec des balais sur la tête ne savent pas que je suis un futur intellectuel".
Lancement du projet à Kananga
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Les cérémonies de lancement du nouveau projet se sont déroulées dans les locaux du Centre Bamamu Tabulukayi (CBMT). Outre les représentants des membres des organisations féminines (OF), des représentants de plusieurs organisations de la société civile étaient présentes. Dans son discours, Hélène Ntumba, Administrateur, Représentante du Conseil d’Administration du CBMT, a remercié les participants et s’est particulièrement réjouie de la présence de Madame Marie-Bernadette Zubatse qui représentait la FONCABA, partenaire du CBMT, responsable devant la coopération belge, le principal bailleur de ce projet cofinancé. "Aujourd’hui, nous souhaitons vous communiquer l’objectif du projet du CBMT sur deux ans. Avec ses OF, le CBMT vise à augmenter la nourriture de qualité en permanence en vue de la sécurité alimentaire de ses membres. En même temps, il met en marche des mécanismes d’amélioration du revenu de la femme à travers l’apprentissage de la conservation, la transformation et la commercialisation des produits vivriers locaux dans la ville de Kananga et dans ses quartiers péri-urbains. (photo Hélène Ntumba, Administrateur) En effet, l’amélioration des conditions de vie socio-économique des femmes reste l’une des grandes préoccupations du Centre Bamamu Tabulukayi. Il les accompagne à travers leurs OF. Pour pouvoir améliorer leurs revenus et pallier à leurs difficultés existentielles, les femmes des quartiers périphériques de Kananga sont demandeuses d’un accompagnement afin d’améliorer leurs revenus…Dans ce projet d’accompagnement des organisations féminines dans l’apprentissage des techniques de transformation des produits vivriers locaux, les femmes augmenteront leur production agricole et contribueront à la réduction de la malnutrition, par la permanence des nourritures de base de qualité sous diverses formes. Enfin elles renforceront leur revenu". (Photo en bas: représentantes des groupements féminins) |
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Emérance Nsonga, Secrétaire exécutive du CBMT a présenté le projet. "Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’économie sociale et la sécurité alimentaire….Il soutient l’agriculture familiale. Il induit un processus de sortie de l’agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale. ´La transformation des produits locaux de base Globalement, le projet veut contribuer à améliorer des activités génératrices de revenus d’autonomisation des femmes membres des organisations féminines de Kananga. Depuis 1992, le Centre Bamamu Tabulukayi avait mis en place un système de conservation des produits vivriers de première nécessité pour prévenir l’insécurité alimentaire dans les familles des femmes membres de ses organisations de base. Depuis 2008, ce système a évolué en une banque des céréales dans laquelle, les organisations féminines Bamamu viennent stocker le surplus du maïs produits pour le revendre aux membres à la période de crise au prix inférieur à celui du marché". "Par ce projet il s’agit d’accroître la production agricole du maïs et du niébé (haricots) en appliquant des méthodes agro écologiques dans la ceinture verte de Kananga ainsi qu’à transformer ces deux produits en farine pour fabriquer des biscuits. Enfin, il s’agit d’apprendre à commercialiser les productions sur le marché local en groupe sur le marché local. 'De la production du maïs et du niébé à la fabrication des biscuits Ce projet garantit aux familles concernées, une autosuffisance alimentaire par l’augmentation de la production agricole (aliments de base de qualité disponibles tout le temps). D’autre part, les ventes des produits des AGR augmentent les revenus des OF et des membres. Ainsi grâce aux bénéfices acquis, le projet aide des OF et des femmes à améliorer leurs revenus financiers". |
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Vers le renforcement des partenariats et des synergies à Kananga
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Le CBMT collabore avec des autorités locales aussi bien avec le gouvernement qu’avec des autorités confessionnelles et coutumières. La chef de la division provinciale du Genre, Famille et Enfants (gauche), à côté de la Secrétaire Exécutive du CBMT, le jour du lancement du projet à Kananga. Les services de l’état fournissent des agents de l’Etat pour assurer le contrôle de la qualité et assurent aussi des formations de contrôle en hygiène des locaux et du matériel de fabrication des farines et des produits de consommation. |
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Dans ce projet, le CBMT travaille en synergie avec l’Action des Femmes Engagées pour le Développement Rural (AFEDR) en commune de Nganza, pour la production du niébé et avec le Centre d’Etude et d’Action d’Alphabétisation Fonctionnelle au Kasayi (CEDAF.Ka) à Kananga pour le déploiement des activités génératrices de revenus des femmes. Mme Léontine Wadimuena, Directrice d’AFEDR, à droite. Mr Boniface Tshibala, Directeur du CEDAF.KA, à gauche. Ces 2 organisations sont des partenaires associées du CBMT dans ce projet. Le mouvement Bamamu Tabulukayi du CBMT travaille en réseau avec d’autres acteurs locaux des d’organisations de la société civile de développement et de défense des droits socio-économiques. Il s’implique dans une dynamique de transformation communautaire durable. Mr Albert (à gauche), Responsable du Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement (CRONGD) du Kasaï Occidental. Cette plateforme régionale, est partenaire du CNCD. Le CRONGD-KOcc fait du plaidoyer en faveur des ONGD locales de sécurité et souveraineté alimentaire, pour l’accès des femmes à la terre. Il organise des espaces de discussion et de prises de position en matière de gestion des ressources naturelles et des mines, etc. Le CBMT est membre du Conseil d’Administration.Le responsable du Comité international pour le développement des peuples (CISP), à droite. Cette organisation italienne humanitaire et de micro finances collabore avec le CBMT en octroyant des micro-crédits aux femmes qui réalisent de petites activités d’entreprenariat. A gauche, Mr Norbert Kinvula, Directeur de l'Institut Africain de Développement Économique et Social (INADES)-Formation Kananga. Cet institut intervient dans le projet pour des formations pratiques et des Conseils méthodologiques de gestion et d’accompagnement des activités génératrices de revenus des femmes en fabrication des biscuits artisanaux. La Responsable du Réseau des organisations de la société civile pour la réforme du secteur sécuritaire et de justice (RSSJ, à droite de Mr N. Kinvula). Le CBMT collabore avec le RSSJ dans des actions de plaidoyer et de défense des intérêts des femmes et des sinistrés. Au 1er rang, des responsables de deux programmes à Kananga : l’UNICEF (à gauche) et le Conseil Agricole Rural de Gestion ou CARG (à droite) dont le CBMT est membre. Le CBMT participe aux réunions techniques de concertation de la Division Agriculture du Gouvernement provincial.
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(Ci-auprès d’autres représentants d’organisations membres du CARG) |
Que du bonheur
Lorsqu’on a la chance de rencontrer des personnes qui nous inspirent sur terrain, cela nous comble et nous raffermit aussi dans notre engagement.
(Marie-Bernadette Zubatse, Directrice de la FONCABA, en visite auprès de l’OF Baya Waya)
En ce qui me concerne, le courage et l’abnégation des leaders féminins rencontrés dans leurs actions de solidarité suscitent mon admiration.
Elles ne comptent pas les heures pour s’épauler dans les bons comme dans les mauvais moments. Les femmes ont compris qu’une fois qu’elles acquièrent une certaine autonomie socio-économique, elles sont des piliers pour toute la famille, y compris la famille du mari.
Marie-Bernadette Zubatse,
Directrice de la FONCABA
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Avec l’appui financier de :
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