Burundi: La paix, un défi permanent

Pas de dveloppement sans paix 
Pas de développement sans paix. 

Depuis mars 2014, le paysage politique connaît un autre tournant avec des manifestations politiques organisées par des partis politiques mais qui se sont terminées par des affrontements violents entre les manifestants, souvent des jeunes, et la police.

A l’issue de ces affrontements, il semble qu’il y a eu beaucoup d’arrestations et qu’un mandat d’arrêt aurait été émis à l’encontre du Président du parti MSD (Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie) pour "participation à un mouvement insurrectionnel".

Les partis politiques et la société civile se plaignent des lois en vigueur qui seraient devenues restrictives en matière de libertés publiques et il semblerait que les organisateurs de la manifestation du MSD n’ont pas pris l’initiative de demander l’autorisation de manifester.

Cette préoccupation est à son paroxysme avec la fuite du câble confidentiel du représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Burundi qui fustige l’armement de la section de la jeunesse du parti au pouvoir. Selon ce câble, il y aurait une formation militaire et la distribution d’armes à la jeunesse du parti présidentiel au sud-ouest du Burundi sous la supervision de deux officiers supérieurs de l’armée.


Il parle aussi des actes d’intimidations et de violence dont sont victimes les membres des partis politiques de l’opposition. Pour l’opposition et la société civile, le contenu du câble est authentique. Mais les partis politiques proches du pouvoir ainsi que le gouvernement rejettent ces dires.  

Population paisible burundi

La population dit "non" à la violence et
à la guerre. Elle veut vivre dans la paix
et participer au développement de son
pays.

Cette cascade d’événements soulève beaucoup d’inquiétude quand on sait qu’il y a à peine 11 ans, le Burundi sortait d’une meurtrière guerre civile. Et pourtant, il y a quelques années le pays était cité comme un modèle réussi de transition d’une guère civile vers la démocratie. Il en découle aussi que des leaders et des partis politiques ne prennent pas suffisamment leurs responsabilités pour une transmission honnête des valeurs démocratiques.

Par ailleurs, dans la perspective des élections apaisées de 2015, il est crucial que tous les acteurs politiques respectent les principes démocratiques et la parole donnée à leur électorat. Et pour sauvegarder la paix, une enquête crédible est nécessaire afin de faire la lumière sur ces allégations, dissiper les rumeurs et tranquilliser la population et éventuellement traduire les coupables devant la justice. Les leaders politiques se doivent de contrôler leurs militants et œuvrer à la conduite pacifique de leurs activités.


Les facteurs de la paix ne manquent pas : Les Accords d’Arusha et la Constitution en constituent le ciment et les différentes composantes ethniques cohabitent pacifiquement et de manière plus ou moins représentative au sein des institutions nationales comme le gouvernement, le sénat, l’assemblée nationale, l’armée et la police. Ce partage de pouvoir qui a permis la fin de la guerre civile doit être accompagnée par le respect des droits humains, le renforcement des valeurs démocratiques et le développement.

Jeunesse

Pour rendre la paix durable, il faut
éduquer la jeunesse à la citoyenneté,
aux droits humains et aux valeurs de
la paix.

Pour accompagner ce processus, les acteurs sociaux doivent continuer leur travail de construction de la paix, un thème cher à la FONCABA. Ainsi, elle veut renforcer un leadership social des jeunes en appuyant son partenaire local, la Commission Episcopale chargée des laïcs (CEAL) dans son projet de formation de 38 formateurs qui à leur tour vont former un groupe de 1720 jeunes des 43 écoles secondaires. Ces jeunes étudiants, promoteurs de justice, vont sensibiliser et encadrer les 34 498 élèves de ces écoles sur les thèmes de la prévention de conflits, du respect des droits de l'homme, de la non violence active, de la participation démocratique et de la construction de la paix. Ils vont stimuler des activités culturelles comme de la musique, des chants, des sketchs, des poèmes, des dessins ou des peintures qui exprimeront les thèmes de manière créative. Le projet se terminera par une journée de la paix qui sera un festival culturel interscolaire. La FONCABA contribue ainsi à l’éclosion d’un leadership des jeunes qui sont porteurs d’un idéal de paix et d’un développement juste et durable. 

Erick-Bayard Rwantango
Collaborateur en gestion des projets – FONCABA
Sous l’inspiration des informations des sites web http://www.iwacu-burundi.org, http://www.arib.info et http://burundi-forum.org/,  Avril 2014