Index de l'article

RD Congo: Le transport des marchandises par "Tshukudu" ou ingéniosité congolaise!

140908 Allger le fardeau des femmesAu Congo, les infrastructures routières sont généralement en piteux état, principalement à cause du vieillissement et le manque d’entretien, le non-respect de la charge à l’essieu par les transporteurs, et le manque de dispositifs de drainage.

" Le dos de femmes au lieu des bêtes de somme! Un crime contre l’humanité toute entière, non encore qualifié au 21ème siècle! Indignez-vous! "
Marie-Bernadette Zubatse

 

 

 

Manifestez aussi votre indignation, par "Like" 
sur FONCABA facebook

Cette situation rend la circulation des biens et des personnes très difficile. Pourtant, certains villages et régions ont besoin de routes de desserte agricole pour leur faciliter l’écoulement de leur récolte vers les marchés et éviter que leurs productions agricoles ne pourrissent en cas de bonne récolte.

Face à cette situation, les gens ont développé une alternative de transport: il s‘agit des trottinettes artisanales géantes qui servent à transporter la récolte. Au début, elles étaient fabriquées en bois pour remplacer la brouette jugée inefficace pour le transport sur plusieurs kilomètres. Les populations ont commencé à s’inspirer du vélo. Mais elles demandent un entretien régulier avec de l’huile plusieurs fois par jour.


140915 Tshukudus chargs
 

L’ingéniosité des gens les a entrainés dans l’amélioration de leur fabrication afin de faciliter leur manipulation et leur entretien. C’est ainsi qu’on a commencé à enrouler des morceaux de vieux pneus de voiture autour des pneus en bois pour éviter leur usure. Le moyeu est métallique au lieu du bois et on ajoute des roulements à billes[1].

Une trottinette améliorée peut transporter jusqu’à 600 kg. Sur des pentes, le chauffeur peut rouler avec des bagages. Sur la montée, il est souvent obligé de payer des jeunes personnes qui l’aident à pousser la charge.

Cette trottinette a changé la vie des productrices et des producteurs. Il leur est possible d’écouler beaucoup de leurs productions en ville et de ramener d’autres marchandises au retour.  Les propriétaires de trottinettes génèrent des revenus en louant leurs services à des productrices et des producteurs des villages. Mais cela ne suffit pas.

L’introduction des véhicules de transport des produits agricoles entre les producteurs et les points de vente proches d’un nombre élevé de consommateurs permet l’augmentation de la production agricole et des activités connexes.

Texte inspiré de l’article de Jeune Afrique : "Le tshukudu, la trottinette congolaise qui peut tout " (3 Juillet 2014)

Erick-Bayard Rwantango,
Collaborateur
en Gestion et Communication Projets FONCABA