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Au niveau économique, le gouvernement devra prendre des mesures concrètes et réalisables pour promouvoir la croissance économique. L'installation d'autres industries, des entreprises de production, en facilitant les entrepreneurs privées, permettrait de créer l'emploi et de lutter contre le chômage. Il est nécessaire que le gouvernement s'investisse dans le secteur de l'agriculture et de l'élevage (occupant 90% de la population) pour accroitre la production agricole, combattant ainsi la famine qui menace cycliquement la population. Les Burundais auront à s'approprier des techniques d'exploitation de notre sous sol au lieu de faire recours toujours aux étrangers.
Au niveau politique, nous devons consolider la démocratie, la bonne gouvernance et l'Etat de Droit. Nos politiciens doivent cesser de prendre la politique comme une source d'enrichissement. Un politicien authentique ne va pas en politique pour le seul but de chercher de l'argent, des richesses et des honneurs. Il est choisi pour défendre les intérêts supérieurs de la nation. C'est pour cette raison qu'il évite toute forme de violence dans sa démarche de la conquête du pouvoir. Dans la démocratie, la conquête du pouvoir se fait sur base des projets de société logiques, cohérents, réalistes, et non des démagogies.
Quant aux gérants des affaires de la chose publique, qu'ils sachent qu'ils ne gèrent pas leur propre propriété. Le pays nous appartient tous. Ils doivent travailler pour l'intérêt de toute la nation. La lutte contre la corruption, la lutte contre le détournement des biens publics et les malversations économiques dans tous les secteurs, devront être un mot d'ordre et un mode de vie de tout dirigeant mais aussi de tout citoyen. Ils doivent éviter le clientélisme et l'exclusion pour ne pas faire retourner le pays dans les violences. Le gouvernement doit assurer la sécurité pour tous et garantir les droits de l'homme.
Enfin, la justice, dans toute son indépendance, doit traquer tout corrompu et tout semeur de troubles de quel rang soit –il, sans faut fuyant.
L'avenir du Burundi dépendra de la réussite de la réconciliation nationale et de l'implantation d'une culture et des mécanismes de protection des droits de l'homme. C'est pourquoi il faut travailler à la consolidation de la paix et la prévention de conflits à long terme. Pour cela, nous devons constituer un leadership de la jeunesse responsable et respectueux des valeurs. Il est nécessaire de renforcer les capacités de la jeunesse au respect des droits humains, à l'éducation aux principes démocratiques, en mécanismes de construction de la paix, de prévention et de gestion pacifique des conflits.
Nous fêtons donc ces 50 ans d'indépendance avec détermination et espoir que le pays ne revivra jamais les péripéties malheureux qu'il a vécu.
Frédéric Njebarikanuye, Bujumbura, juillet 2012





