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Droit à l'alimentation: Vers la décennie des ignames?

Igname 1

Une denrée agricole authentiquement ancestrale

Avant l’arrivée des bantu, des Soudanais et des Nilotiques, dans les campements Pygmées de l’actuelle République démocratique du Congo, on mangeait les ignames et beaucoup d’autres produits forestiers non ligneux (PFNL).


Apport nutritionnel de 100 gr d'igname:

Valeur énergétique: 101.9 Cal
Eau: 68.9 g
Protéines: 2 g
Lipides: 0.1 g
Glucides: 22.4 g
Fibres alimentaires: 1.7 g
Calcium: 25 mg
Fer:  0.9 mg
Magnésium:  65 mg
Phosphore:  44 mg
Potassium:  393 mg
Sodium:  10 mg
Vitamine A:  2 µg
ß-Carotène:  10 µg
Vitamine E:  0.1 mg
Vitamine C:  10 mg
Vitamine B1:  0.09 mg
Vitamine B2:  0.03 mg
Vitamine B6:  0.19 mg
Vitamine B9:  13 µg

Selon les experts, l’igname contient
jusqu’à 8 fois plus de protéines que
le manioc. Il combat la kwashiorkor
sans provoquer de maladie ni aucune
autre forme d’empoisonnement. 

Avant l’arrivée des Portugais au Congo, et avec eux de quelques variétés de manioc, dans les empires, les royaumes, les chefferies, les villages et les campements de l’actuelle RDC, on mangeait des ignames, des bananes, des coléus, des pois de senteur sauvages (Sphenostylis stenocarpa), et des  produits forestiers non ligneux, etc.

Selon le ministère congolais de l’agriculture, le manioc occupe 73% de la production vivrière, suivi par les bananes (8%), le maïs (4%), le riz (2%) et la patate douce (2%). Les ignames doivent se trouver environ dans les 1%.

Avant 2021, après une "décennie nationale des ignames", la production d’ignames comestibles devrait atteindre 8%, comme les bananes, diversifiant et améliorant quantitativement et surtout qualitativement la ration alimentaire de dizaines de millions de Congolais. 

Une culture avec beaucoup de potentialités

On se rend compte que depuis 20 ans ou plus, le manioc est en crise à répétitions: maladies virales, et autres. Comme il représente 73% des productions vivrières de la RDC, il a semblé logique de s’empresser à son chevet, d’où de nombreux projets nationaux et internationaux : sélection de variétés résistantes locales, introduction et acclimatation de variétés étrangères, …

Il serait grand temps de compléter ces interventions curatives par un vaste programme de diversification des tubercules alimentaires et de ramener les ignames au moins à un rang équivalent à celui de la banane (8%). Les changements climatiques en cours fournissent aussi des arguments dans le même sens, celui de la promotion de l’agro-biodiversité. Rappelons-nous aussi que, selon les espèces et les variétés, les ignames contiennent jusqu’à 8 fois plus de protéines que le manioc. Pour les nutritionnistes, plus une alimentation est variée, meilleure elle est.