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En outre, d’autres acteurs non étatiques aimeraient aussi voir l’Etat  mettre à la disposition des moyens appropriés pour promouvoir la filière igname: créer un réseau Ignames, un fonds pour le développement de la filière ignames, l’incorporation de l’igname comme culture alimentaire prioritaire en RDC, la création des points de vente des ignames, l’information et la formation sur la filière ignames et sa vulgarisation, etc.

Les ignames appartiennent toutes au genre Dioscorea qui compte environ 600 espèces connues à ce jour. Etant présentes depuis toujours, c’est à dire depuis des temps immémoriaux en RDC et en Afrique, les ignames possèdent une grande richesse et une très large diversité génétique (c’est à dire beaucoup d’espèces et d’innombrables variétés cultivées et sauvages, de cueillette), ce qui n’est pas le cas du manioc venu il y a 5 siècles seulement, en petite quantité, d’Amérique du Sud sur les bateaux des négriers effectuant leur commerce triangulaire.

Igname 3
Igname du jardin de la paroisse Ste
Marie de Kimwenza-KINSHASA en 2012

Les ignames peuvent produire plus de 20 tonnes à l’hectare en moins d’un an et se conservent assez facilement plusieurs mois. Leur valeur marchande est actuellement supérieure à celle du manioc en RDC. En général, les ignames ne doivent pas subir de détoxification comme le manioc. Elles poussent en savane (les espèces cultivées) comme en foret (surtout les espèces sauvages, de protoculture et de cueillette). On compte de 8 à 10 espèces cultivées en RD Congo. Les pygmées pratiquent la protoculture forestière de plusieurs espèces de cette plante.

Les jeunes pousses et les feuilles de quelques espèces sont aussi consommées traditionnellement en RDC et ailleurs en Afrique.

A quand la journée, l’année et même la décennie des ignames?

Jacques J. Paulus S. J.
Professeur à l’Unité d'Ecodéveloppement et d’Ethnobiologie
Université de Kinshasa - Unikin
Directeur de l’ONG JEEP (Jardins et Elevage de parcelles)