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Une ambition mondiale noble mais dépourvue de moyens

M. Jan Vandemoortele constate que l’on a fixé des objectifs et on a oublié les moyens de les réaliser. En conséquence, les politiques nationales devaient toujours chercher des moyens de réaliser les OMD. Ainsi, le manque d’accès aux financements pour réaliser les OMD, le manque d’accès aux technologies et le brevetage excessif qui a frappé surtout le secteur de la santé ont handicapé la réalisation des OMD. Et comme si cela ne suffisait pas, la crise économique et financière mondiale qui a débuté en 2008 et ses répercussions ont replacé les priorités ailleurs.

D’autre part, des donateurs ont constaté que certaines de ces politiques nationales ne fournissaient pas toujours des indications claires sur la façon d'aborder les causes profondes de la pauvreté et des besoins fondamentaux non satisfaits.

Vers une globalisation des OMD après 2015 ?

Luc bonte et bernadette visite GB dec 2005

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partenaires qui forment et mobilisent
la population pour une meilleure
participation citoyenne et pour
la construction de la paix

Pour l’après 2015, il faudra définir les stratégies pour atteindre les nouveaux objectifs afin d’éviter une certaine politisation qui, selon certains pays du sud, a marqué les OMD. Les défis à relever restent nombreux mais il faudra opérer des choix. Il est facile d’inventorier tous les défis auxquels le monde est confronté, mais il sera difficile de les prioriser en fonction du coût financier qu’ils impliquent. En conséquence, il faudra opérer une sélection des objectifs, et cela ne sera pas évident.

Il faudra préciser aussi comment atteindre les objectifs fixés d’autant plus que le Nord peut les utiliser pour dominer le sud. Selon M. Jan Vandemoortele, ces objectifs sont perçus différemment: alors que le Sud les prend pour des indicateurs de performance, le Nord peut les prendre pour des indicateurs d’input.

 

Angele Bahige AIBEF Nov 2013

L’action de la FONCABA prend aussi
en compte des questions transversales,
notamment l’autonomisation de la
femme

Quoi qu’il en soit, les experts en la matière penchent vers la globalisation des objectifs. Selon eux, ces derniers doivent revêtir un cachet universel et à tous les niveaux (mondial, régional, national et au niveau des entités des pays) pour leur donner plus de force et plus d’implications que les OMD actuels. Si cette

approche de globalisation des OMD semble séduire, une question reste posée: comment mettre ensemble les moyens et les gérer au niveau global étant donné que les priorités de certains pays du Nord sont forts éloignées de celle du sud? Comment les pays donateurs mettront sur la balance équitablement leurs propres priorités et les priorités du sud?

En définitive, la construction d’un avenir partagé que nous voulons pour tous est certainement un objectif noble. Cela demandera de faire une sélection difficile des choix, mais surtout plus d’efforts et de moyens. Cela demandera aussi une grande cohérence des politiques à tous les niveaux, que ce soit au niveau mondial, régional, national et même local.


Erick-Bayard Rwantango,
Collaborateur à la gestion des projets et bourses.
Notes prises lors de la journée d’étude
"The Future We want All"
le 14 Mars 2014 au Sénat Belge