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Un autre Congo est possible: renforcer l'État de droit


foto Fabien MbayAujourd’hui, beaucoup de Congolais sont découragés. Ce sentiment se traduit par une boutade que les habitants de Kinshasa adorent lancer à des concitoyens zélés qui pensent faire exception à la règle générale d’inversion des valeurs: "Yo nde okobongisa mboka oyo?" (lingala pour "c’est toi qui va arranger ce pays?"). La majorité des Congolais a perdu l’espoir d’un "meilleur Congo". Ce n’est pas de leur faute. Cet espoir s’est évanoui à cause de l’institutionnalisation de la mauvaise gouvernance de l’Etat par les dirigeants. Par conséquent, la population a perdu confiance en eux ; chacun cherche désormais  à sauver sa vie de sa manière sans s’occuper de l’intérêt  général. Le Congo est ainsi désarticulé et en perte de vitesse voilà déjà 50 ans. Dans ce contexte, pouvons-nous dire que nous sommes condamnés à la descente aux enfers ? Nous pensons que non. Un autre Congo, meilleur, est possible.

Deux moments historiques

Il y a eu deux moments dans l’histoire de la R.D.Congo pendant lesquels les Congolais s’étaient  rassemblés pour faire le diagnostic de la situation et prendre des résolutions  pour l’avenir. On peut citer la Conférence nationale souveraine dans les années 1991-1992 et le dialogue intercongolais en 2003. Ces deux épisodes de l’histoire du pays avaient permis aux Congolais de prendre des résolutions en âme et conscience pour un mieux vivre pour tous. Malheureusement le suivi a souvent fait défaut par faute de garant. Vingt ans après la Conférence nationale souveraine et neuf ans après le dialogue intercongolais, nous n’avons pas avancé dans les faits.

Rétablir la confiance de la population

groupe d'activistes des droits humains

La situation de la R.D.Congo trahit en un mot une faiblesse de l’Etat de droit. Le juge qui devait rappeler aux dirigeants leurs devoirs constitutionnels vis-à-vis de la nation a bradé son pouvoir et a favorisé ainsi le chaos qui s’est installé. Pour remédier à cette situation, il faut remettre le juge et la loi au centre du système de l’Etat. Mais à côté de cela quelques mesures complémentaires sont nécessaires.