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Des approches qui ne favorisent pas la sécurité alimentaire.
Il y a des interventions qui ont pris le dessus sur la volonté de produire. Depuis 1996, avec les guerres et la violence, des catastrophes humanitaires ont justifié des interventions d'urgence, sous forme de distributions de vivres et de non-vivres à grande échelle organisées par des dizaines d'agences et d'organisations internationales et locales. Des actions, certes louables et bénéfiques, qui sont supposées être de courte durée, localisées et ciblées, sont devenues permanentes, continuelles et à la mode. Elles ont instauré de nouvelles façons de se comporter, favorisant la facilité et l'affaiblissement des approches durables. La limite entre l'aide d'urgence et le développement durable a été dépassée, les intervenants changeant de mission sur le terrain, au gré du financement et des millions des mains tendues, à l'attente des campagnes des distributions.
L'abandon de l'agriculture familiale
L'abandon de l'agriculture est une réalité douloureuse dans un pays où plus de 80 % de la population vit en milieu rural, et se trouve sans emplois rémunérateurs. Les travaux de champs sont laissés aux paysannes. Les hommes valides et les jeunes préfèrent la vie des carrés miniers où ils ne gagnent presque rien, le commerce ambulant dans lequel ils perdent tous leurs avoirs aux multiples barrières érigées par les militaires et les milices armées ou alors carrément l'exode vers la ville. Et comme les sols sont devenus stériles, délavés par les érosions et que les gens peuvent recevoir, sans travailler, des vivres et non-vivres lors des distributions humanitaires, la vente des terrains est devenue monnaie courante. De plus en plus de familles mettent leurs terres en vente pour s'installer en ville ou investir dans des activités commerciales sans lendemain. A cela s'ajoutent, des nombreux cas d'accaparement des terrains et d'expulsions survenues ces dernières années par des sociétés minières et autres multinationales d'exploitations agro-industrielles qui débarquent sous la bénédiction du pouvoir national.






