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Le défi de la production vivrière, c'est aussi le marché, les prix justes. Tant que les coûts de production du paysan seront élevés par rapport aux prix de mêmes produits importés sur les marchés locaux, il n'y aura pas de production, et donc pas de sécurité alimentaire. Les coûts de production sont élevés localement à cause des taxes et des tracasseries militaires et administratives. Une production suffisante, variée et garantie est possible si le marché local est protégé, si les importations sont encadrées et que l'écoulement des produits agricoles locaux est organisé. On devrait limiter les importations des vivres organisées par les agences humanitaires en faveur des achats locaux pour permettre l'accroissement de la production et la circulation de l'argent auprès des paysans.
Les défis
Bien entendu, une telle stratégie implique d'investir dans les routes, dans les campagnes agricoles et dans la sécurisation des producteurs. La sécurisation de la production passe par la suppression des barrières érigées par les soldats et qui constituent des lieux de ponctions et de pillage. Cette stratégie exige aussi d'investir dans la paix et la sécurité. Si les moyens financiers qui sont mis, depuis 1996, dans les armes, dans les négociations, dans l'aide humanitaire, avaient été investis pour lutter contre les causes réelles des guerres et dans le développement durable, la sécurité alimentaire aurait été poussée en avant.
Enfin, il y a le défi de l'environnement et du changement climatique pour lequel une forte implication des pouvoirs publics est indispensable. Les programmes de reboisement et reforestation, ainsi que tous les efforts des organisations locales, en vue de la protection de l'environnement doivent être encouragés par l'Etat. L'Etat doit se comporter en véritable propriétaire du sol, non pas seulement quand il s'agit de distribuer des terres, de faire des impositions et d'encaisser des ressources, mais aussi lorsqu'il est question de leur protection, de leur exploitation rationnelle et durable, garantie pour les générations actuelles et futures.
Les défis sont nombreux ; ils ne sont cependant pas insurmontables si la bonne gouvernance est là. Car ce qui manque encore, pour asseoir le droit à la nourriture et à la terre pour tous, c'est un véritable leadership politique, responsable et compétent.
Patient Bagenda, secrétaire général du CAB (Comité Anti Bwaki), mai 2012, Bukavu.
Trouvez ici quelques projets de la FONCABA qui ont pour but d'augmenter la sécurité alimentaire
Juste Cause Congo (JCC) - Bukavu (Sud-Kivu) : est une organisation d'éducation civique constitué par 22 comités de développement et par des associations féminines villageoises, avec un total de 3500 activistes (adultes et jeunes artisans). JCC vise l'émergence d'une culture civique démocratique au Sud Kivu à travers l'épanouissement de la conscience critique et l'émergence d'un leadership politique à la base. Il publie des bandes dessinées qui sont utilisées comme outil d'animation et de sensibilisation. Le JCC collabore avec les chefs coutumiers dans la résolution de certains conflits villageois.






