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Des hommes ou des gorilles?
Dans les villages du Bushi, les populations vivent dans une situation de famine chronique. Des zones qui, il y a une quinzaine d'années, alimentaient la ville de Bukavu en manioc, en maïs, en sorgho... sont aujourd'hui vides, les gens attendant le jour de marché pour aller acheter quelques grammes de farine de manioc en provenance de Bukavu, et en réalité importée du Rwanda et de l'Ouganda.
Dans cette région surpeuplée et en proie à d'intenses conflits fonciers, les attributions des grandes étendues de terre, au titre d'exploitation minière et agricole doivent être arrêtées, voire proscrites.
De plus en plus des voix s'élèvent pour protester contre l'agrandissement de la superficie du Parc Kahuzi-Biega créé dans les années 1970 par le régime de Mobutu. Ce parc se trouve dans une province où les populations manquent de terres cultivables. Evidemment, il faut des espaces verts, des forêts, des aires protégées et la protection de la biodiversité, mais une telle logique n'est pas comprise par les populations locales. Elles trouvent que c'est inconcevable qu'aucune compensation ne leur est accordée. Les paysans n'ont jamais compris comment on peut sacrifier la vie des millions des gens, l'avenir des enfants, en faveur de quelques familles de gorilles et d'éléphants, du reste déjà décimés par les milices armées. Dans cette même logique, des terres et concessions laissées longtemps en jachère, devraient être réaffectées au cas où leurs propriétaires ne savent pas les exploiter rationnellement.
Une volonté politique pour protéger le marché local
Des mesures incitatives sont nécessaires. Elles seront concrétisées par la mise en application de la Loi agricole, et la publication de ses mesures d'application, l'instauration du système de crédit rural et la suppression des taxes et autres impositions qui freinent le développement de l'agriculture et de l'élevage. On ne peut comprendre la justification du fait que les planteurs et éleveurs, qui ont déjà du mal à trouver les intrants de base, sont soumis au paiement des taxes et permis d'exploitation dont les coûts sont parfois au-dessus des capitaux investis, si ce n'est dans le but de décourager la production locale en faveur des importations des vivres ! Un éleveur de quelques dizaines des bovins est obligé de rentrer dans la corruption des agents, à défaut d'arrêter. Il faut assouplir les procédures d'accès à la propriété, les rendre accessibles et simplifier sous la force d'actes administratifs relevant de la compétence des autorités locales.






