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Droit à l’alimentation au Burundi: Le retour en force du sorgho au Burundi
Une plante africaine

Le sorgho est la 5ème céréale au monde après le riz, le maïs, le blé et l’orge. C’est une plante qui serait d’origine éthiopienne selon certains chercheurs. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), le sorgho estconnu sous le nom de "grand mil" et d’ "herbe de Guinée" en Afrique de l'Ouest, de "blé kafir" en Afrique du Sud, de "dura" au Soudan, de "mtama" en Afrique orientale.
Au Burundi le sorgho rouge sert à la fabrication la bière ou à la fermentation de la bière de banane. Quant au sorgho blanc, il est surtout consommé sous forme de pâte.
Au Burundi le sorgho rouge sert à la fabrication la bière ou à la fermentation de la bière de banane. Quant au sorgho blanc, il est surtout consommé sous forme de pâte.
Bien qu’il s’agisse d’une plante pérenne, le sorgho est traité comme une plante annuelle. Il peut être récolté plusieurs fois par an. Il est cultivé principalement sur le haut plateau central, dans la plaine du Nord-Est au Sud-Est du Burundi, et à l’est du pays dans la dépression de Kumoso et Nkoma.
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Deux femmes montrent leur champ |
Un intérêt socio-économique
Le sorgho est une plante ancienne, qui est intimement lié à la monarchie. Une légende dit que chaque futur roi naissait avec des semences dans la main. Parmi ces semences, il y avait des grains de sorgho. Durant la royauté, chaque année se terminait par, la fête annuelle des semailles qui annonçait le début de la culture de sorgho sous la direction du Roi. Partout dans le pays, les gens faisaient la fête avec faste sur fond de consommation de la nouvelle récolte de sorgho sous forme de pâte et de bière.
La fin de la monarchie a certes marqué le déclin de l’importance traditionnelle du sorgho, mais la plante a gardé son prestige sur fond de la bière qui en dérive et qui a une importance sociale dépassant le cadre des ménages par son omniprésence dans les fêtes burundaises et économique par les revenus que cette bière a continué à procurer à ceux qui la produisaient et la vendaient.
Le sorgho à l’ère de l’industrialisation
Dans les années 80, le gouvernement burundais a donné une nouvelle dimension au sorgho en initiant le projet Musalac : Ce projet consiste en la fabrication de farine de sevrage composée de plusieurs céréales dont le sorgho[1] pour obtenir une farine de bouillie hautement nutritionnelle et accessible à tous.
Très récemment, la brasserie industrielle de Gitega a commencé à produire une bière de sorgho.
Ces deux projets ont permis de relancer la culture de sorgho, surtout dans les provinces de Cankuzo, Bubanza et Cibitoke. Désormais, un kilo de sorgho coûte 600 Francs Burundais selon le journal en ligne Burundi Eco. Selon la Brasserie de Gitega, cette plante fait vivre 15.000 ménages qui lui fournissent la matière pour la fabrication de la bière Nyongera.
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Quelques membres d’un groupement |
Une plante nutritive
Dans le sorgho, la teneur en protéines est presque comparable à celle du maïs et du blé. Il contient aussi des vitamines B, des sels minéraux et des huiles. Il est important dans l’alimentation humaine. Sa culture permettrait de relancer la consommation de cette nourriture sous forme de pâte. La bière traditionnelle de sorgho est aussi nutritive. En plus les enfants et les femmes aiment consommer la lie que l’on trouve au fond des cruches de bière qui procure des matières nutritives importantes.
Les Burundais étant familiers des mets d’origine indienne, notamment la crêpe indienne (chapati) à base de blé, ils peuvent facilement adopter la consommation de cette pâte à base de sorgho en mélangeant la farine, l'eau et le sel.
En plus de l’alimentation humaine, le sorgho est utilisé dans l’élevage. A la moisson, on enlève l’épi et il reste seulement les tiges. Quand les feuilles sont encore vertes, le petit bétail et le grand bétail peuvent les manger. Ces tiges de sorgho servent aussi dans l’étable des animaux domestiques.
Au fur et à mesure elles se mélangent avec les rejets des animaux pour former du compost organique de qualité utile pour l’agriculture. Par ailleurs, quand les tiges et les feuilles sont sèches, on les enlève pour les mettre dans les plantations des caféiers pour éviter que la terre sèche et perde son humidité dont les caféiers ont besoin.
Erick-Bayard Rwantango,
Collaborateur en gestion des projets KBA FONCABA
[1] La farine Musalac est composée de maïs (48 %), de sorgho (22 %), de soja (20 %), de sucre (8 %) et de lait écrémé (2 %). Voir Jean-Baptiste NSAVYIMANA, Le Musalac: farine de sevrage du Burundi. In TRECHE Serge, DE BENOIST Bruno, BENBOUZID Djamil, DELPEUCH Francis, L'alimentation de complément du jeune enfant. Actes d'un atelier OMS/ORSTOM inter-pays du 20 au 24 Novembre 1994 à l'Université Senghor d'Alexandrie. Paris, ORSTOM Éditions, 1995, p.169.








